Alors on baisse les armes tout de suite, on ne me jette pas les pierres à la simple lecture de ce titre et on m'écoute (du moins on lit mon post EN ENTIER!!!) et après on discute au calme.
Comme chaque année, les articles des journaux récapitulent le nombre de manque d'AVS, d'accueil pour les personnes handicapés etc... à l'école. Les journalistes font leurs boulots. Dans 20 minutes ce soir je lis le commentaire de cette maman. Son fils rentre en 6eme, il a une avs 6 heures par semaine. Il est atteint de trouble de la vue, de la concentration, n'a aucun repère spatio-temporel. Il pleure tous les soirs et sa mère est scandalisée parce que personne ne prend en compte son handicap.
C'est là que je vais peut être vous choquer mais, sa place n'est pas dans cette classe. Cet enfant a besoin qu'on le guide pour mieux appréhender le temps et l'espace. Il a besoin de plus de temps pour comprendre, il a besoin de quelqu'un pour prendre des notes... Il a besoin d'être pris en compte.
Le problème c'est que cette maman demande à ce que l'école, la société traite cet enfant comme n'importe quel enfant. Mais ce n'est pas possible!!!! Cet enfant a des besoins que n'ont pas les autres enfant. Il ne peut pas être traité d'égal avec les autres enfants. Cet enfant n'a pas besoin d'égalité, il a besoin d'équité! Il a le droit d'apprendre, d'avoir une scolarité normale, mais aussi d'avoir des gens qui ont le temps et l'espace pour s’occuper de son handicap, de sa particularité. Celà lui permettra sans doute d’acquérir de meilleure connaissances et un jour, de trouver un travail qui lui convienne et auquel il sera adapté...
Bien sur que c'est dur de faire rentrer son enfant dans un IME ou dans une école spécialisée. Mais c'est aussi reconnaitre son handicap comme une part entière de sa personne.
Moi, je rêve personnellement, d'une école publique où les enfants handicapés avec des besoins spéciaux serait accueillis au sein des écoles mais dans des classes spécialisées.
Parce que ne rêvons pas ! Quand on dit à des parents: "Votre enfants va être accueillis dans un milieu normal", c'est doublement dégueulasse, parce que la réalité, c'est qu'on joue sur le désir des parents d'avoir un enfant qui n'est pas handicapé et qui va dans un milieu dit "normal", et pendant ce temps là on n'ouvre pas de structures adaptées, on ne débloques pas de places dans des institutions qui coutent chers et qui ne sont pas rentables. Pire, on ferme les RAZED, classe d'adaptation pour les enfants en grandes difficultés scolaires, et on limite les formations d'instituteurs spécialisés et les AVS....
Alors non. Je ne suis pas pour qu'on fasse croire aux gens que l'école est un droit pour tous. L'enseignement, le savoir est un droit pour tous. Mais l'école... à chaque enfants ses besoins et notre premiers devoir en tant que parents, instituteurs, éducateurs, est de s'adapter à chacun pour qu'il aille le plus loin possible....
Tu a tout dit !!!
RépondreSupprimerc'est comme ça on peu pas tout melanger a chaqu'un son besoin !!
Bah oui, pour moi c'est comme de dire "les sourds ont le droit d'aller aux concerts". Mais ça ne marche pas comme ça...
SupprimerTu n'imagines pas à quel point ton article du jour m'a fait énormément de bien... Merci : je me sens moins seule ;-).
RépondreSupprimerJe t'en pris fais un post!!! Parce que c'est tellement mal vu de penser comme ça!
SupprimerSalut, j'ai de la famille qui travaille dans le milieu psychiatrique, et je retrouve pas mal de choses entendues chez moi dans ce que tu dis. J'ai beaucoup entendu parler d'enfants (autistes ou psychotiques dans mon cas) qui devaient apprendre dans un cadre adapté le contact humain, les repères spatio-temporels, que les histoires à la télé c'est pour de faux... autant de choses qui s'acquiert de façon innée chez la plupart des gens, mais qui pour eux peuvent être une source d'agressivité ou d'angoisse énorme si on les lâche dans la nature sans un apprentissage adapté. J'ai aussi entendu parler de parents dans le déni qui pouvaient foutre en l'air tout ce travail en les forçant "à se comporter normalement". Tout ça pour dire que si des lecteurs te "jettent des pierres", sache que tu as mon soutien. :p
RépondreSupprimerMerci Lilac... Autant je pense qu'une crèche peut recevoir tout type de population autant je pense qu'après, il faut vraiment des gens et des dispositions...
Supprimeret on dit quoi on dis "merci à la loi du 11 février 2005" pour la scolarité pour tous!!!!
RépondreSupprimerje suis on ne peux plus d'accord avec toi!!! quand j'étais à l'ASE, j'avais le suivi d'un jeune en IME, et ses parents et ses éducs étaient choqués qu'à 11ans, il ne sache pas lire. et lors qu’à la fin de l'année, il n'avait pas atteint son objectif on lui a dit, qu'il devrait changer de "classe", et redescendre d'un niveau.
j'ai été choqué que ce discours soit tenu par des éducs (d'ailleurs j'ai jamais voulu postuler là bas rien que pour ca)! car avant que ce gamin apprenne à lire, peut qu'il serait bon de comprendre pourquoi il ne sait pas lire! et plutot que de le forcer à lire, trouver d'autre formes de communication écrite avec lui. enfin bref tout ca pour dire, que encore une fois, des lois sont pondues par des gens qui ne sont absolument pas du milieu, et que ce n'est pas réalisable.
mais comme tu dis, en faisant on évite le problème, au contraire, on ferme des rased, on embauche moins d'avs! comme ca après c'est les enfants et les parents qui en pâtissent! mais la loi est "respectée"!!
M'en parle pas. C'est aussi cette loi qui veut que les handicapés travaillent, qu'ils soient égaux et qu'ils aient les mêmes droits que tout le monde... Mais on ne réfléchie pas qu'un jeune trisomique est légèrement influençable et que voter pour lui, c'est difficilement compréhensible
SupprimerBien d'accord!!!!!!!!
RépondreSupprimerMerci!
SupprimerÉcoutes, je ne connais ni de près ni de loin la question et j'avoue ne m'être jamais posé la question. Mais ce que tu en dis, toi qui travailles dans ce milieu et en contact avec un public handicapé, me parait très logique.
RépondreSupprimerC'est une analyse de ce que j'ai vu... Je vois bien que les jeunes qui ont integré tout de suite les IME sont bien plus confiant te ont des connaissances bien plus poussée que cex qu'on a mis à l'école... Parce qu'ils ont été tout de suite pris en charge dans leur différence. Respecté surtout
SupprimerBen voilà... Que je regarde le problème sous l'angle de l'instit, ou de celui de mère, ou de celui de mère d'élève, j'en viens à la même conclusion que toi.
RépondreSupprimerTu as vraiment bien résumé la situation, je trouve.
Bisouilles :)
Merci la Crapaude! ça fait longtemps que je suis pas venue te voir dans ta mare...
SupprimerEn fait ... l'idéal serait de pouvoir choisir l'ecole en fonction du degré de handicap de l'enfant et de ses besoins. J'ai 2 proches autour de moi : ma tante et son fils trisomique, les meilleurs amis de mon homme et leur enfant autiste Asperger. Si le 2ème ne parle pas à 18 ans il est évident que l'école pour lui n'est pas adaptée. En revanche, pour le 2ème si:ses parents se sont bcp investis pour qu'il puisse intégrer l'ecole, être pris en charge etc. Il vient de rentrer en 3ème dans un collège "normal" pour la 1ère fois avec une AVS. Et sa transformation et ses progrès ont été spectaculaires.
RépondreSupprimerJe suis aussi d'accord avec toi quand tu parles de ton exemple. Il ne faut pas oublier que le personnel enseignant n'est pas formé à gerer les handicaps de chacun, si différents..alors comment espérer qu'ils puissent évoluer dans ce contexte ?
Ta prise de position est argumentée et sensée, comme d'habitude, je ne vois pas sujet à polémique mais à discussion !
Bisous
Je suis d'accord avec toi !!!
RépondreSupprimerUne AVS pour 6 heures, ça ne sert à rien, si ce n'est à l'état qui essaye de se faire bien voir par la majorité de la population !!!
Comme toi, je pense que des classes spécialisés dans l'école publique serait bcp mieux car les enfants pourraient se côtoyer entre eux, mais en bénéficiant de l'éducation qui leur convient et en plus on peut faire des décloisonnement entre les différentes classes car travailler avec des personnes différentes (des deux côtés) peut être aussi très enrichissant pour tout le monde !!!
Après, dans la mesure ou une telle école serait possible, il faudrait quand même que les enfants "différents" qui sont capable de suivre une scolarité "normale" puisse aussi le faire !!!
Après le seul problème pour que cela soit possible, c'est que l'état accepte de débloquer les fonds nécessaires !!!
Bonne soirée !!!
je suis d'accord dans la globalité et surtt sur le raisonnement, en revanche je pense qu'il y a certains handicaps qui peuvent être intégrés aux classes dites "normales" mais le probleme c'est le boulot en amont car il s'agit de choisir au cas par cas. Certains autistes peuvent sans problème être associés aux classes basiques alors que pour d'autres c'est impensables. Il y a aussi le probleme d'âge : plus les enfants grandissent, plus les écarts s'affirment et plus il est difficile à des enfants handicapés de suivre un rythme normal. En revanche, on a fait un grand pas en avant car certains enfants handicapés moteur comme en fauteuil n'avaient pas accès aux classes basiques alors qu'à part l'EPS ils pouvaient suivre les cours comme n'importe quel gosse ... heureusement qu'on en est plus là ! et l'idéal en effet serait d'intégrer des classes spécialisées aux établissements d'autant plus qe ça permettrait aussi aux enfants valides d'appréhender le handicap différemment.
RépondreSupprimerAaaahhh Mowgouaille, j'étais en train de préparer un billet sur le même sujet, avec à peu près le même titre en plus !!!!!!! Bon ben tant pis pour moi, t'as déjà tout dit.
RépondreSupprimerNan mais là je te surkiffe encore plus ma belle!
Tous les ans je me coltine un gamin "MDPH", et tous les ans on galère avec les AVS, qui viennent pas, ou pas assez, ou qui n'ont aucune formation pour gérer le gamin.
Cette année, rebelote! Un gamin malentendant, redoublant son CM1, il a un niveau CE1, il ne comprend aucune consigne, et n'a aucune autonomie. Il a le droit à 20h d'AVS, sauf que je l'attends toujours.
Sauf que moi j'ai 10 autres CM1 et 11 autres CM2 à faire bosser! C'est déjà suffisamment chaud comme ça le double niveau, pour pas m'en taper un 3ème, et qui plus est avec un gamin qui n'a pas la lumière à tous les étages. Je ne peux rien faire pour ce gosse, sa mère ne visualise pas l'étendue de son ignorance et pense encore qu'il fera du CM1 cette année, et surtout elle pense que je peux accorder un accueil personnalisé à son môme. Je n'ai pas, le temps, pas les moyens, RIEN du tout pour qu'il apprenne quelque chose.
Désolée mais je dois privilégier les 21 autres qui sont en capacité d'apprendre normalement dans un système normal afin qu'ils avancent correctement dans leurs apprentissages, plutôt que de perdre mon temps avec un gosse qui n'a rien à faire ici. Alors je lui donne du boulot,évidemment il n'y arrive pas, et je lui dit "c'est pas grave, va finir ton coloriage"...
Salut!
RépondreSupprimerCe n'est pas être CONTRE la scolarisation des enfants handicapés mais CONTRE la scolarisation de TOUS les enfants handicapés.Nuance...
Selon le ou les handicaps, à chacun sa place...
Je bosse actuellement en ULIS dans un collège, certains ont leur place d'autres seraient bien mieux en institution...
Et faire croire aux parents qu'en mettant leur enfant en milieu ordinaire va gommer le handicap mais quel mensonge... ils se donnent bonne conscience parfois, souvent. Après, il faut aussi savoir qu'on ne peut pas aller contre l'avis des parents...et certains ont un cheminement plus long... c'est vraiment du cas par cas.
Un jour j'en ferais un billet...
Merci pour cet article!!
bisettes!
Je trouve le titre de ton article un peu extrême mais je comprends d'une certaine manière ton point de vue. Pour répondre brièvement (parce que je vais forcément oublier des choses tellement il y a d'aspects différents):
RépondreSupprimerLa loi de 2005, n'a jamais prétendu qu'un enfant handicapé accueilli en milieu ordinaire aurait une scolarité ordinaire elle incite justement l'école à s'adapter au handicap de l'enfant (après la théorie c'est bien beau mais en pratique on n' a pas forcément donné les armes adéquates aux enseignants et aux AVS mais ça c'est une autre histoire). Ce sont les gens (en particuliers les parents) qui ont fait l'amalgame.
Après, ces inclusions couvrent des cas tellement différents qu'il est difficile de généraliser (et les décisions se prennent administrativement sans que personne viennent voir ce qui se passe réellement sur le terrain).
Certains enfants handicapés n'ont aucun soucis d'apprentissage, d'autres ont besoin d'un peu plus de temps pour apprendre, ou accéder au sens mais cela reste compatible avec une scolarisation en milieu ordinaire (parfois avec des aménagements pour leur permettre d'avoir ce temps nécessaire)et d'autres seraient clairement mieux dans une structure qui pourrait réellement s'adapter à leurs besoins spécifiques (et sur ce point je suis d'accord avec toi que dans l'idéal si ces structures pouvaient être combinées avec l'école ça serait pas forcément plus mal, mais encore une fois ça dépend des handicaps dont on parle car ce n'est pas toujours facile à combiner par exemple lorsqu'il y a des problèmes de violence etc).
Mais il reste pas mal de soucis de places et de moyens comme tu l'as évoqué.
Et un autre aspect dont tu parles c'est la vision des parents, qui bien souvent sont dans le déni du handicap de leur enfant (et qui ne bénéficient pas de suivi pour essayer de débloquer tout ça. Ce n'est pas évident d'avoir un enfant handicapé, il y a plein d'enjeux psychologiques, on le sait mais c'est pas pour autant qu'on les aide à gérer cela). Pourtant rien que ça déjà ça pourrait éviter pleins de situations difficiles autant pour les personnels d'éducation que pour les enfants.
En conclusion : on est pas sorti de l'auberge :) mais il faut reconnaitre que la loi de 2005 était dans une démarche honorable car l'éducation est un droit pour tous et quelque part c'était quand même injuste pour certains de devoir faire des heures de route par exemple juste parce que l'école du quartier n'avait pas de rampe d'accès (je caricature c'est pour dire que parfois il faut peu d'aménagements pour que l'inclusion soit possible).
Non non tu ne caricatures pas... Ici, je parle de handicap mental. je suis éducatrice et je travaille dans ce milieu et on récupère beaucoup de jeune issue de milieu ordinaire cassé parce qu'ils sont restés des années au fond de la classe au nom de cette loi. Et puis quand ils arrivent chez nous , les parents veulent qu'ils apprennent à lire, à écrire, à compte et surtout qu'il travaille. La loi de 2005, sur le terrain, pour le milieu du handicap mental, je sais que ça va paraitre dur mais c'est une catastrophe. Parce qu'elle a été rédigé par de gens pour qui handicap=fauteuil. Il n'y a eu aucune réfléxion autour de ce handicap là...
SupprimerVoilà, j'espère que je t'ai éclairé sur mon propos