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lundi 15 octobre 2012

Ces psys de seconde zone

Il y a quelque mois, je me suis fait rabrouer par mon chef, parce que je me prenais pour un psy selon lui... Mon tord? Avoir osé proposer qu'une jeune aille faire quelques séances dans un hôpital de jours pour une évaluation: sacrilège.

Je rappelle que je suis éducatrice, et que je suis en droit de demander des évaluations faites par des professionnels afin d'affiner mon accompagnement. Mais à l'heure, où dès que nous accompagnons un résident en situation duel on nous reproche de faire de la thérapie de seconde zone, tout le monde se permet d'attribuer des diagnostiques sans même connaitre le sens du mot qu'il emploie.

Combien d'entre nous ont été affubler de parano, autiste, hystérique, bipolaire, maniaque, hypocondriaque, schizo, psychopathe, des mots qui font mal, qui questionnent, déstabilisent et même qui mettent en danger par ce qu'on voudrait se défendre ou se réparer.

Ces mots ne sont pas anodins, et ça m'agace de les entendre utiliser à tord et à travers. Pas plus tard qu'hier, chéri me dit:
"je pense que je deviens agoraphobe", tout ça parce que passer une demi-heure dans un centre commerciale un samedi après midi lui semblait insupportable.

Ce qui m'agace, c'est qu'on trouverait ridicule, voire, honteux de dire "J'ai un cancer de l'intestin" à la première gastro venue. Mais pour les maladie mentale on ne se retient pas... Et c'est un total manque de respect pour ceux qui souffre réellement de ses maladies.

Et je ne parle pas des institutrices, des éducateurs, des profs, bien intentionnés, s'empressant de poser un diagnostique à vos enfants dès qu'une difficulté apparait... Votre enfant, est dans son monde? Il est autiste! Il bouge beaucoup, écoute peu? Il est hyperactif! Il pleur au moindre "dégage!"? Il est parano!!!

Qu'on soit clair. Un diagnostique d'une maladie mentale (parce qu'il s'agit là d'une maladie au même titre que le cancer, la grippe ou le choléra. Elles ont des origines non pas psychique mais répondent à des dérèglement hormonaux qui provoquent des réactions inadaptées) doit être donné par un MEDECIN qui a fait 12 ans d'études pour apprendre à ne pas trop se tromper sur un diagnostique. Ce n'est pas parce qu'une institutrice a 30 ans d’expérience, qu'une fois elle a penser à un autisme et qu'il s'est avéré juste, qu'elle devient apte à déceler tous les autismes dans les 92 km à la ronde.

Désigner un enfant, un adulte, un humain comme malade, c'est le stigmatiser.  C'est le montrer du doigt et lui dire qu'il est différent, c'est dire aux parents "votre enfant est foutu", alors que même en cas de diagnostique avéré, il n'aura pas une vie foutu et pourra vivre avec tout. Un médecin qui posera un diagnostique proposera un soin. C'est son métier: soigner et accompagner.

Je vais faire un peu ma donneuse de morale là, mais la prochaine fois que vous employer ce mot, même quand vous penser l'employer à bon escient, pensez qu'il y a des gens qui souffrent réellement de ces maladies. On est tous responsable de la stigmatisation de la maladie. Et les mots sont bien souvent responsables des maux....

E c'est mon pavé pour la mère Cane


15 commentaires:

  1. Je ne peux qu'être parfaitement d'accord avec toi. J'ai fait des études de psy que j'ai adoré et on n'imagine pas le nombre de maladies - symptômes différents, sans oublier le fait que chaque malade réagit différemment au final.
    Je pense que l'utilisation de ces mots, j'ai remarqué moi aussi, vient de notre tendance à l'exagération dans nos propos oraux ou écrits, histoire d'interpeler notre interlocuteur, ou pas d'ailleurs. L'utilisation de mots savants dont la plupart des gens ne savent même pas ce qu'ils signifient réellement les fait peut être passer pour quelqu'un qui "sait" sauf quand ils tombent en face d'un professionnel.

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    1. J'ai travailler en psy, et du coup je me suis bien rendu compte, de tout ce que ça voulait dire "en vrai". Du coup, quand je vois qu'on s'empresse de dire quelqu’un est schizo dès qu'il parle un peu tout seul, ça me fout les boules... Parce que la shizophrénie c'est une vraie souffrance

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  2. Comme je pluissoie ton pavé du jour !

    J'ai vécu avec un homme paranoïaque, (diagnostiqué comme tel par un psychiatre) mais les gens mettent tellement tout et n'importe quoi derrière ce mot que ça finit par ne rien dire...

    De la même manière, je souffre d'une phobie. Le nombre de gens qui me disent "ouais, mais on a tous un peu peur, faut prendre sur soi"... Ahah ! J'ai une phobie, pas une peur. Du coup, quand les gens sont confrontés à ma phobie, ils me prennent pour une folle timbrée parce que ça dépasse clairement ce qu'ils imaginaient.

    On a trop facilement tendance à l'exagération, et quoi de mieux qu'un terme médical "absolu" pour nommer ce qu'on veut dire, pour amplifier les choses...

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    1. Je me reconnais tellement dans tes deux témoignages... j'ai connu les deux situations. J'ai quitter l'un et gérer l'autre, mais je sais vraiment ce que c'est que de vivre avec les deux... Et ce n'est pas genre "prend sur toi", c'est 5 ans de thérapie.

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  3. je suis d'accord avec toi. Le pire c'est que mon mari dit souvent ces mots, et à notre fille de 3 ans. Elle s'habitue, même si elle sait que c'est pour rire, à des mots telles que "espèce d'handicapée", "psychopathe va!" dès qu'elle fait un truc de travers ou qu'elle fait sa follette. Je n'arrête pas de le reprendre là-dessus mais c'est dur, il en a fait une habitude. Puisse-t-il évoluer là dessus! Lui et tous ceux qui font pareil. Après je sais très bien ce que ça va donner dans la cours de récré, elle reproduira cela et se moquera de la différence ou la faiblesse d'un petit camarade. Pourvu qu'on corrige le tir à temps!

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    1. Ne le prend pas mal ok? Parce que ce que je vais te dire est un conseil. il devrait arrêté parce que ta fille risque plus tard de souffrir de manque de confiance en elle (surtout que c'est son papa qui lui dit...). L'apprentissage des mots se fait ainsi. Tant que tu ne connais pas le mot tu l'emmagasine puis le jour où tu le comprend, toutes les situations où tu l'a entendu, comme tu ne peux pas te souvenir de tout tu les emmagasine dans ton inconscient sous la forme d'un sentiment. Et pour tout ce qui est injure, remarque désagréable, il se révèle très souvent pas le manque de confiance en soi. S'il ne peut pas ou ne veut pas arrêter, reprend avec ta fille: "papa il ne veut pas dire ça, il pense plaisanter, rigoler, parce que quand on est grand, on utilise ces mots là pour rigoler, mais toi tu ne peux pas comprendre à ton âge". Je ne me pose pas en donneuse de leçon hin!!! c'est vraiment un conseil! Pleins de bisous

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  4. Magnifique article mowgouaille. Et tu as tellement raison ! J'espère qu'il fera réfléchir les gens.

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  5. Cela fait des années que je gueule au sens premier du terme sur cette banalisation des maladies mentales dans le langage quotidien et sur les répercussions que cela peut avoir sur les gens, d'autant plus les enfants.

    N'oublions pas le marronnier des magazines psy/gonzesses (désolé mais ça reste un fait) : pervers narcissiques comment les reconnaitre ?

    Je ne trouve pas que sur cet article tu te poses en donneuse de morale. Il semble important de se rappeler que oui des gens souffrent de maladie mentales. Le terme souffrir n'est pas utiliser à tord, et qu'utiliser ces maladies pour cataloguer, stigmatiser des personnes sans raisons, c'est banaliser non seulement cette souffrance, mais parfois en creer une chez l'autre.

    Merci à toi pour cet article, merci d'avoir pris le temps et la plume pour l'écrire.

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    1. de rien!!! J'ai vu plusieurs situation cette semaine qui m'ont fait bondir!!! Pour les magazines de gonzesses tu trouveras au moins trois articles sur la critique des magazines de gonzesse qui me gonflent avec leurs pré-jugés à deux balles:http://lanouvelleeloise.blogspot.fr/2011/10/estelle-lefebure-est-une-menteuse.html, http://lanouvelleeloise.blogspot.fr/2011/03/estelle-lefebure-le-retour.html, http://lanouvelleeloise.blogspot.fr/2012/10/cest-quoi-un-feministe.html?showComment=1350363037265#c1439351057444378469 et comme je suis fan de causette et que ce journal est juste impeccable: http://lanouvelleeloise.blogspot.fr/2012/10/mon-pave-viens-par-la-que-je-te.html.... Tu vas voir, je suis militante!

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  6. Tu as un cœur gros comme ça Mowgouaille! Je te remercie pour ce superbe pavé qui me va droit au cœur!

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  7. Depuis toujours le mot qui fait le plus bondir c'est "mongol" ou "triso", ayant eu une tante trisomique, ça me touche d'autant plus !
    Quand je vois des parents le dire à leur enfant ou voir leur enfant le dire et en rire, j'ai des envies de.... Bref ! Merci pour cet article !

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  8. marie christmas - libellule16 octobre 2012 à 10:29

    en temps qu'infirmière en psychiatrie je ne peux qu'être d'accord avec toi!

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Pleins de petit mots Jito!