J'ai longuement lu tous vos message de soutient. Pourquoi continuer? Questionnement légitime que je me pose tous les jours, quand remplie de colère et d'incertitude je retourne au travail, en priant pour que cette journée soit moins lourde que les autres.
Mais dans ma journée, il y a Aurelien qui me demande si je vais mieux, parce qu'hier j'ai fait un malaise, et qu'il s'est inquiété pour moi. Il y a Sarah, qui pour la première fois remarque un détail, fixe son attention sur ce que je lui demande. Il y a Sophie qui me fait prendre 10 minutes de retard parce qu'elle veut comprendre quel travail j lui réserve, parce qu'elle veut donner son accord. Et puis il y a Léon qui me fait rire, Adèle qui me cherche, parce qu'elle veut que ce soit moi qui la change alors qu'il y a 6 mois elle m'ignorais totalement, il y a Claire qui compte les jours jusqu'à notre prochain transfert...
Parce que, ce que je vais dire n'est pas du tout professionnel, mais parce que tout ça c'est de l'amour, parce que c'est eux et pas d'autre et que je les aime parce que je les connais, parce que je suis attachée à un trait de leur caractère, parce que je suis énervée par leur travers. Même Lisa, insaisissable Lisa, que j'abandonne parfois lâchement parce que je ne sais que faire avec elle.
Parce que pour ces 25 personnes n'ont personnes d'autres que nous pour défendre leurs droits, pour leur expliquer, pour leur donner leur identité non pas handicapé mais d'homme, de femme. Parce que c'est nous qui avons les clés pour ouvrir les portes de l'institution sur le monde extérieur et qu'il n'y a que nous pour résister à l'institution. Maigre mur de carton pâte mais qui permet de tenir pour les protéger.
Nous on est un peu plus fort que les autres parce qu'on est une équipe, solide, et solidaire. Quand l'un craque les autres écoute et soutiennent. Mais on a toujours aussi peu de marche de manoeuvre. Mais le peu qu'on a on le fera.
Parce que quand un résident repart avec le sourire et revient avec le sourire, quand il se projette et quand ils nous quittent pour des ESAT ou des foyers de vie, on sait que c'est gagner. Et ça, ça n'a pas de pris. Juste ça prouve qu'on a raison d'être un wonderwall...
♥♥♥♥
RépondreSupprimerBon ben vla, j'avais raison! Bisous
RépondreSupprimerQuand on vient du social, on comprend mieux n'est-ce pas?
SupprimerOui et tu vois c'est aussi ce genre de choses qui fait que je vais reprendre à reculons !!!
SupprimerTu me foules des frissons madame!!! Bravo!
RépondreSupprimerDe rien ma belle... Alors quand c'est qu'on se voit?
SupprimerUne aventure humaine :-) Heureusement qu'il y a ces cotés là!
RépondreSupprimerDisons que sion on arrête tout de suite!!!
SupprimerJ'en ai les larmes aux yeux !!!
RépondreSupprimerHeureusement qu'il y a des personnes comme toi !!!
Bonne journée !!!
Tout le monde peut être comme moi, tu sais. Je me bas parce que je sais que j'ai raison. Je viens d'en parler à chéri. Tu te trouve à coté d'un mourant à coté de toi, même si on te menace, d'une manière ou d'une autre tu l'aideras. En plus moi je les connais; les côtoie et j'ai une réelle affection pour chacun d'eux. Alors je les laisse pas crever. Tu ferais exactement comme moi... C'est l'inverse qui est scandaleux.
SupprimerSi mon fils devait avoir ce genre de problème (et on en est pas là je pense) j'aurais été heureuse qu'il évolue avec toi. Ils en ont de la chance tes résidents!
RépondreSupprimerTu sais quoi, après cette journée de fou, (je t'expliquerais), j'ai pleuré devant ton message. Merci mille fois
SupprimerTrès joli post !
RépondreSupprimerTu sais que je t'adore y compris dans tes côtés militants mais là pour une fois, je ne suis pas d'accord avec toi (pas taper, pas taper !). Ok toute les personnes que tu accompagnes sont sensibles, intelligentes, généreuses d'humanité, attachantes... Mais à un moment donné quand ton corps te lâche à force de stress professionnel et que le moral baisse trop bas comment continuer à les aider vraiment ? Je ne te parle pas d'être professionnelle en mettant le côté affectif de côté (car comme toi, je pense que ce n'est ni possible ni souhaitable quand on bosse pour et avec de l'humain) mais de TE préserver. Je ne suis pas dans une démarche de "moralisatrice", je suis juste inquiète pour toi...et des dommages collatéraux pour ta petite famille :-(
Bisous quand même hein ;-)
Lauriane
Je sais que tu as raison. Que l'heure est venu d'aller combattre ailleurs de trouver une autre équipe, d'autres gens. Mais le combat reste le même. Tu sais aussi que, oui, je suis fatiguée; mais que le jour où il n'y aura plus rien à défendre, j'en mourrais... On se refait pas hein???
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