Et on se rencontre???

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jeudi 2 mai 2013

Revenir en arrière

Aujourd'hui, j'ai reçu deux futurs doulas. Elles étaient venus m'interviewer sur "mon retour à la maison après bébé".

J'ai tout raconté, paisiblement, sur mon canapé rouge, là, à revivre les émotions, les peurs, les inquiétudes. J'ai revu les images, les sensations, je n'étais plus là sur mon canapé rouge, je revivais cette recherche d'amour, ce manque d'attachement, ce temps où ma fille n'était pas encore MA fille.

Remettre des mots après, revivre, revoir, prendre le recul, analyser et voir le chemin parcouru. Se rendre compte combien ce blog a été plus qu'une béquille mais un mur, un wonderwall dans cette relation que j'ai construite avec elle.

Eloïse va bien. Eloïse est équilibrée, éveillée, elle fait l'admiration de tous et ça c'est un peu grace à nous. 

Savoir que je suis passée par là, que je m'en suis sortie, que j'ai mis trois ans et que j'ai accepté cet état de fait, j'en suis fière. Je suis fière d'elle, de moi, de nous.

On avait mal commencé notre histoire, on a tout recommencé ensemble, on a fait une équipe formidable.

Voilà. Si vous passer par là, je voulais vous dire qu'il faut arrêter de se mettre la pression, que vous faites une équipe avec votre bébé, et que craquer, ce n'est pas une marque de faiblesse mais une marque d'intelligence et d'honnêteté. Qu'être mère, c'est avant tout être parent et que ça ne se comte pas en seins, couches, ou écharpe de portage. Que ça, ce sont des solutions qu'on trouve quand on a besoin de se trouver une constance. Qu'il vaut mieux chercher à être une mère, sa mère, que chercher à être une bonne mère...

S'adopter, s'accommoder de l'autre, ce nouvel être, qui n'a rien demandé à personne, ce n'est pas simple. Un jour je me suis dit "on m'a donner celle-là...". C'est un peu ça. Oui tu peux l'aimer tout de suite, mais tu peux aussi te sentir face à un étranger, parce que oui, c'est un étranger.

Choisir d'avoir un enfant, ce n'est pas avoir conscience d'être mère, d'être sa mère. C'est vouloir quelque chose que l'on n'a pas, qu'on ignore. Même si on en a eu douze avant. 

Aujourd'hui, j'aime ma fille comme je n'aimerais jamais personne. Elle est la personne la plus parfaite que je connaisse. Dans un certain sens, elle m'a donné goût à la vie. 

Parlez autour de vous, à vos maris, à vos jules, à vos mères, à un médecin, à un psy, à une doula... Peu importe parlez vite! Et faites confiance à vos enfants: ils vous aimeront quoi qu'il arrive et seront vos meilleurs guide dans votre parentalité.


Le doute ça se dépasse. L'amour ça se trouve. Et tout se construit après les épreuves...



7 commentaires:

  1. C'est un très bel article, et je te rejoins sur un point : si ça ne va pas, il faut en parler tout de suite!

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  2. Ca fait beaucoup de bien de te lire.

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  3. Très bel article !
    Quelle sincérité...ça m'émeut au plus profond et ça me réconcilie avec mon désir profond <3

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  4. ça fait du bien de le lire. Même si on sait tout ça au fond de nous, on ne peut s’empêcher, en tant que mère, de se remettre en question et de se demander si on "fait bien"...
    C'est une question que je me pose beaucoup en ce moment ..
    Bisous toi ...

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  5. oui La Mère Cane m'a oté les mots de la bouche. C'est vraiment très beau.

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  6. Bonjour,
    Merci pour cet article et pour ce blog en général. Je l'ai découvert il y a peu car je suis maman d'une petite fille de 10 semaines et il y a 1 mois et demi, j'ai craqué littéralement. Mon médecin généraliste (qui m'avait suivi lors d'une précédente dépression il y a sept ans), m'a "diagnostiqué" une dépression post-partum. J'ai la chance d'avoir un compagnon exceptionnel qui me soutien énormément. Et même si je pense que les personnes qui m'entourent sont bienveillantes, j'ai pour le moment du mal à le confier autour de moi. Savoir que je ne suis pas la seule a un côté rassurant. C'est dur d'avoir des petits yeux en face de soi, ce regard scrutateur, interrogateur, curieux, riant ou triste... et c'est à la fois fascinant de partir à la rencontre de cet Autre! Bon courage à toutes celles à qui ça arrive. Bises

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