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lundi 4 août 2025

« Je suis désolé que tu aies eu à vivre ça… »

 (Et ces mots-là m’ont recousue un peu)


Il y a vingt ans, j’ai eu une histoire.

Pas une histoire d’amour.

Une histoire tout court. Une histoire dont on ne fait pas de récit. Une de celles qu’on garde au fond, sous silence. Parce qu’on se dit que ce n’était « pas si grave ». Parce qu’on ne veut pas mettre les mots. Parce qu’on préfère ne pas déranger.


Je n’en parlais jamais. Et puis, il y a peu de temps, en écoutant un homme me confier son vécu à lui, quelques mots sont sortis. Un espèce de « mee too », sans détails, mais sans douleurs aussi. Un écho s’est mis à vibrer, un souvenir a remué. 

Alors, j’ai eu envie d’en parler.

Mais pas à lui.

À Cheri, celui avec qui je partage ma vie depuis 18 ans.


Et cette fois, j’ai tout déballé.


Pas à moitié. Pas dans un demi-murmure.

Je lui ai dit les humiliations. Les insultes. Les moqueries. L’ombre dans laquelle je m’étais installée pour ne pas déranger.

Et puis ce mur. Le vrai. Celui contre lequel le poing de l’autre a fini par tomber. Et cette pensée, froide, nette, qui m’a traversée :

la prochaine fois, ce ne sera pas un mur. Ce sera moi.


Je ne sais pas pourquoi j’ai pu le dire maintenant.

Peut-être parce que j’ai grandi.

Peut-être parce que le corps finit toujours par parler, même après vingt ans.

Peut-être parce que j’étais prête.

Ou peut-être parce que je savais que Cheri pourrait entendre. Sans fuir. Sans juger. Sans vouloir réparer. Juste… être là.


Et il m’a dit cette phrase.

Simple.

Claire.

« Je suis désolé que tu aies eu à vivre tout ça. Maintenant je comprends mieux certaines de tes réactions. »


Pas plus.

Et pourtant, tout était là.


Ce que j’aimerais dire aujourd’hui, c’est aux hommes — ou aux femmes — qui arrivent après.

Après les blessures. Après les silences. Après les batailles qu’on a menées seules.

À ceux qui ont la chance de tomber sur des filles courageuses qui décident, malgré tout, de se relancer dans une histoire.


💛 Écoutez-les.

💛 Dites-leur que vous êtes désolés qu’elles aient eu à vivre ça.

💛 Et surtout, dites-le sans chercher à minimiser, sans détourner, sans vous défendre.


Parce que ces mots-là, dans une bouche aimante, peuvent recoudre un morceau de peau qu’on croyait trop abîmé.

Et parfois, c’est ça, l’amour. Pas de grands gestes. Pas de solutions. Juste une écoute. Une présence.

Et une phrase qui fait du bien


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