Stop aux contresens, on remet les pendules à l’heure !
Ah, l’éducation bienveillante… Ce doux mot qui nous évoque des enfants zen, des mamans qui respirent la lavande et des papas qui savent écouter sans jamais hausser la voix. Mais si on arrêtait deux minutes de fantasmer, et qu’on regardait un peu ce que ce concept est devenu, ou plutôt… ce qu’on en a fait ?
👉 Déjà, posons les bases :
Montessori
et éducation bienveillante, ce n’est pas la même chose.
Non, ce n’est pas pareil. Montessori, c’est une pédagogie, une méthode d’apprentissage basée sur l’autonomie, le matériel sensoriel, la liberté encadrée… L’éducation bienveillante, c’est une posture éducative, un état d’esprit centré sur l’écoute des émotions et la non-violence éducative. Les deux peuvent dialoguer, mais elles ne sont ni interchangeables ni identiques. Bref, on arrête de tout mettre dans le même panier Instagram.
🌸 Oui, évidemment que ça séduit…
Qui ne rêverait pas d’une parentalité sans cris, sans punitions, où l’on serait toujours à l’écoute, toujours en lien, toujours juste ? Sauf que dans la vraie vie, il y a des crises au supermarché, des “non” à répétition, des pleurs en boucle et cette petite voix dans ta tête qui dit “je vais devenir folle !”. Et là, on fait quoi ? On “accompagne l’émotion” en caressant l’enfant pendant qu’il hurle ? Pas sûr que ça aide qui que ce soit à construire quoi que ce soit…
🧱 À quoi ça sert, en vrai ? Punir, frustrer, poser une autorité ?
Ben… à grandir. Oui, apprendre à vivre des frustrations, c’est essentiel. Non seulement pour comprendre que tout ne nous est pas dû, mais aussi pour accepter la liberté de l’autre. L’autorité, quand elle est juste, c’est ce qui permet à un enfant de savoir où il est, ce qui est attendu de lui, ce qui est sécurisant. Autorité ≠ autoritarisme, et c’est là qu’il y a confusion.
😩 Les pros s’accordent : aujourd’hui, les enfants vivent très mal la frustration
Depuis quelques années, les professionnels de la petite enfance, les enseignants, les psys… sonnent l’alerte : les enfants explosent à la moindre frustration. Ils crient, frappent, s’effondrent pour un “non”. Et les parents sont démunis. Parce qu’on leur a dit qu’écouter les émotions, c’était les apaiser à tout prix. Alors on “calme” au lieu de “contourner” ou de poser le cadre.
😕 On a confondu écoute et abandon de cadre
Dire à un enfant :
“Je comprends que tu sois en colère, frustré, c’est désagréable. Mais non, tu ne peux pas crier pour autant dans le supermarché. Tu n’es pas seul et les autres n’ont pas à subir ta colère. On va sortir, et tu vas te calmer. Mais ce jouet, tu ne l’auras pas.”
…c’est de l’éducation bienveillante. Exigeante, mais bienveillante.
Dire :
“Tu es triste ? Viens, on va faire un câlin pour te calmer”, sans que l’enfant comprenne pourquoi il ne peut pas faire ce qu’il veut… c’est juste éluder le sujet. Et ça ne construit pas.
🌹 Le rosier et le tuteur
Les enfants, c’est comme les rosiers. Si tu les laisses pousser sans tuteur, ils se penchent, s’abîment, finissent parfois par casser. Le tuteur, c’est toi. Tu n’es pas là pour les enfermer dans une cage de fer et les faire pousser droit selon ton bon vouloir. Tu es là pour accompagner, soutenir, orienter sans enfermer. Tu vois la nuance ? Elle est énorme.
🚸 Obéir, ce n’est pas se soumettre.
Et désobéir, ce n’est pas être libre.
L’enfant qui obéit sait qu’il y a des règles, qu’il existe dans un monde habité par d’autres, avec des limites. Et celui qui désobéit, bien souvent, ce n’est pas un petit rebelle éveillé, c’est un enfant qui n’a pas trouvé de cadre solide autour de lui, et qui le cherche désespérément, parfois dans l’excès.
😰 Ce qui m’embête dans le discours actuel…
C’est qu’on a dressé une ligne : soit t’es bienveillant, soit t’es maltraitant. Et entre les deux ? Rien. Pas de nuance. Pas de droit à se tromper. Pas de place pour les parents qui galèrent, qui crient parfois, qui n’ont pas toujours la bonne réponse.
Mais la vérité, c’est qu’on fait tous comme on peut. Et que tant qu’il y a de l’amour, du sens, de l’intention, on est du bon côté.
💌 Allez, un mot pour les parents : vous faites comme vous pouvez, et c’est déjà beaucoup.
L’éducation, ce n’est pas un concours. Ce n’est pas une vitrine à exposer sur les réseaux. C’est du quotidien, de la fatigue, des contradictions, des “j’ai crié mais j’essaie de faire mieux demain”. C’est une histoire d’amour entre toi et ton enfant, pas entre toi et ton feed Instagram.
Alors on arrête de culpabiliser, on réapprend la nuance, et surtout… on se fait confiance.